Qu'entend-on par l'Unité des horizons et leurs différences dans l’observation du croissant?
27 Ramadan 1433

Comme nous sommes sur le point de dire adieu au mois sacré du Ramadan et que l'Aïd est sur le point d’arriver, on nous a demandé, comme d'habitude par emails et par voie orale, au sujet de la preuve de confirmation du jour de l'Aïd, et la différence d'opinion entre Feu Sayyid al Khoei qui a adopté l'unité de l'horizon et Sayyid As Sistani qui confirme que les horizons sont différents, ainsi que les preuves scientifiques et les fondements juridiques de cette question, qui n'est pas très clair pour certains.

Voici une brochure, qui a été publié par le Bureau de Son Eminence Sayyid As Sistani à Najaf sous la forme de questions et réponses à ces demandes avec quelques ajouts, concernant cette question.

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, et les prières et la paix soient sur Al-Moustafa et les membres purs de sa maison.

Le désaccord dans l'opinion entre les deux éminents savants (Ouléma), Feu Sayyid al-Khoei et Sayyid As-Sistani (Qu'Allah lui accorde une longue vie) à propos de l'unité des horizons pour la validité du croissant lunaire ou non, repose sur trois raisons.

A savoir :

1-Est ce que le phénomène du croissant est unique ou relatif ?
Feu Sayyid al-Khoei a stipulé dans (al-Minhaj) qu'il y a une différence entre les phénomènes du coucher du soleil, et son ensoleillement, et le croissant. Le premier est relatif car il est aussi différent selon les endroits de la terre, la terre étant sphérique et tournant autour de son axe, mais le deuxième est statique parce que, quand la lune est directement face au soleil, c’est à dire, dans la position déclinante, elle ne peut être vue d’aucun endroit sur la terre, et quand elle se décale de la position déclinante, un nouveau mois lunaire commence et cela peut ne pas être aussi nombreux que les endroits de la terre.

Sayyid As Sistani (qu'Allah prolonge sa vie) indique que le phénomène est relatif parce que la lune est dans un état (la pleine lune), car si on l'observe d'un point entre le soleil et la terre, il sera considéré comme une pleine lune. Ainsi, l'apparition du croissant est une description de la lune par celui qui le voit de la terre, parce que la lune est toujours dans un état ; et de ce fait, Feu Sayyid Al-Khoei a ajouté que quand la lune sort de la déclinaison, elle initie le début d'un nouveau mois lunaire pour les pays qui partagent une partie de la nuit, et ce n'est pas le début du mois lunaire pour tous les pays du monde. Cela signifie que le début du mois lunaire est relatif et il est aussi différent que la nuit et le jour pour les endroits sur la terre et ce n'est pas la même chose.

2-Comme les règles mentionnées dans les textes juridiques sont laissés à la pratique commune pour agir selon eux, ensuite la source de jugement sur les sujets mentionnés dans les textes légaux; le saint Coran, les traditions du Saint Prophète ; est laissée pour être identifiée par la pratique courante et non par l'identification réelle. Par exemple, la question du sang que les textes juridiques ont identifié comme impur (Najis) ne signifie pas le sang réel, même s’il ne peut pas être vu par les yeux, mais le sang qui peut être ressenti par le sens, comme dans le cas de changement de la pureté de l'eau vers l’impureté dans laquelle tombe du sang ou de l’urine. Le changement vers l'impureté ne se produit pas à moins que l'eau qui est conservée dans est un grand récipient (kourr) a changé, et ce qui signifie par le changement est le changement de couleur, de goût ou de l'odeur, qui peuvent être ressenti ici par les sens et non le changement réel qui ne peut être ressentie par le sens.

La même chose s'applique à la question du mois mentionné dans les textes juridiques, comme Allah a révélé dans ce verset coranique: «Alors, chacun d'entre vous qui est présent (à son domicile) au cours de ce mois devrait le passer dans le jeûne. » La référence ici est le mois connu des Arabes qui se trouve entre deux croissants et non le mois astronomique qui commence au moment où la lune commence sortir de la position déclinante, mais ne peut être vue à partir de la terre, mais le croissant qui peut être vu à l'œil nu et Allah confirme cela dans ce verset du Saint Coran: «Ils t'interrogent au sujet des Nouvelles Lunes. Dis: Ils ne sont que des signes pour marquer les périodes de temps fixes (dans les affaires des) hommes, et pour le pèlerinage.» Alors le croissant devient un signe d'identification d'une ‘’période fixe’’ quand il est assez visible pour être vu. Donc, si le mois traditionnel est celui qui est identifié par la pratique courante commence à partir du moment où le croissant étant assez visible pour être vu à l'œil nu, le décalage de la lune à partir de la position déclinante ne peut être considérée comme le début du mois.

3 - Si l'on suppose que le début du mois, dans les deux cas, mois astronomique et mois traditionnel, est identifié par la pratique courante comme commençant à partir du moment où la lune sort de la position en déclin ; est ce que cela s'applique aussi au mois juridique? Parce que la question jugée a, parfois, une existence naturelle et une légale, comme dans le cas d’un ‘fils’, parce que, par exemple, un fils peut être identifié naturellement et par la pratique courante comme celui qui est né d'une semence d'un homme, mais «le fils légal» est celui qui est né à la suite d'un contrat de mariage entre un homme et une jeune fille ou une femme. Donc, est ce que le mois juridique est le même que celui astronomique ou non?

* Feu Sayyid al-Khoei indique ici, bien que le mois juridique soit différent de celui astronomique comme celui-ci ne confirme pas le mois juridique, car le début du mois juridique n'est confirmée que par l’observation du croissant à l'œil nu dans l'un des pays qui partagent la même nuit et les deux partagent l'horizon unique, parce que si le croissant est observé dans un pays, le début du mois juridique commence dans tous les pays qui partagent la nuit, même si le partage est très partielle, c'est à dire une demi-heure en raison des deux éléments de preuve ci-dessous

A- Les récits qui se sont relatés à la confirmation du mois comme les narrations fiables de Ishaq Ben Amar p.11 et Abi Basir p.10 est que la règle pour les gens de la prière et les gens de al-Amsar est un et le début du mois ne diffère pas en raison de différents horizons, et lorsque deux témoins intègres d’un des pays témoignent que le croissant a été aperçu par eux, leur témoignage est considéré pour le début du mois.

B- Les textes sur la nuit de l'Aïd et la Nuit du Destin comme «Je te demande en ce jour que Tu as fait l'Aïd pour les musulmans." Cela confirme la nuit de l'Aïd est une pour tous les musulmans, et «Nous l’avons descendu pendant une nuit bénie ", et " Dans la (Nuit) est rendu distincte chaque affaire de la sagesse. "Ce sont des preuves claires que la Nuit du Destin est unique pour tous sur la terre, parce que le Coran a été révélé cette nuit-là et donc elles ne sont pas plusieurs (nuits), et le temps de décision du sort des gents et des affaires décisives ne peut-être pas aussi grand que le nombre des horizons.

* Cependant, Sayyid As Sistani (Qu'Allah prolonger sa vie) indique ces deux choses: A- Ce que l’on peut conclure des narrations et des pratiques des Imams au cours de leur vie, c'est que le début du mois juridique est liée à l’observation du croissant à l'horizon du pays du « Moukalaf » -Voir le récit authentique de Abi Ali Bin Rahid p.8, qui signifie que le mois juridique a commencé le jeudi à Medina ou à Bagdad, mais selon le calcul astronomique, le croissant de la nuit de mercredi, coïncidant avec 20 Mars 847 grégorien, était assez visible pour être vu en Afrique. Voir aussi le rapport du Mou'mar Bin Khalaad, p.8 qui signifie que l'Imam, et en raison de l'absence d'un obstacle à l'horizon de son pays, a affirmé que la nuit de ce jour est de Sha'ban, bien qu’il était tard dans la nuit dans son pays et le croissant était possible d'être vu dans un autre pays.

Il peut être affirmé que les imams n'ont pas utilisé les connaissances nécessaires pour trouver «l'invisible», même s’ils avaient la capacité de le faire, ils ont suivi les normes apparentes parce que la possibilité d'apercevoir le croissant dans un pays partageant la nuit avec le pays de l'imam ne nécessitent pas la connaissance de trouver l'invisible, mais pourrait être réalisé en ayant une expérience sur les pays et leurs conditions, puisque la possibilité d'apercevoir le croissant dépend de trois choses:

1-Le degré de la hauteur (altitude) du croissant de la ligne d'horizon
2-La distance de l’angle du croissant au soleil (élongation)
3-La valeur de l'intensité lumineuse du croissant selon la plus grande circonférence de celui-ci

Ces données astronomiques sont connues depuis cette époque, bien que le progrès scientifique dans ces derniers temps rend les choses plus précises, la différence entre les deux temps n'est pas très vaste.

Il peut être noté cependant que la preuve de feu Sayyid al-Khoei visé à l'un des deux récits a examiné l'hypothèse de mettre en doute le début du mois, car il a mentionné le ciel nuageux - «ghmaa le verbe arabe" signifie le ciel a été couvert de nuages, et le doute sur le début du mois suppose la possibilité d'une observation du croissant, mais qui ne peut pas être vu en raison de la présence d'un obstacle dans le ciel, mais ce n'est pas conditionnelle que le croissant ne peuvent pas être observés dans un autre pays.

L’autre narration est une clarification qu'il estime que compenser le jour douteux est comme une obligation si le Moukalaf ne l'a pas jeûné quand il y a des témoignages dignes d’observation du croissant et ce n'est pas une clarification que l'observation du croissant dans un pays partageant la nuit avec le pays du Moukalaf est une preuve suffisante qu'il peut être vu dans le pays du Moukalaf.

Les expressions concernant les jours l'Aïd et de la Nuit de Majesté ne fait pas référence à l'unité de la journée et la nuit pour tous les musulmans, car Sayyid al-Khoei stipule que le début du mois juridique est confirmée pour les pays partageant la même nuit, et non pour tous les pays de la terre musulmane et que le jour du l’Aïd et la Nuit du Destin pourraient répéter dans le second hémisphère.

Il est clair que l'unité de la journée et de la nuit signifie une unité relative plutôt que l'unique. Par exemple, si la Nuit du Destin est la nuit de lundi, il commence dès le début du coucher du soleil de la journée de dimanche jusqu’au lever du soleil de l'aube du lundi, et le jour de l’Aïd de l'aube d'un certain jour à la dernière montée de celui-ci.

Il est clair que ce n'est pas prévisionnel que si le croissant a été aperçu dans un pays situé à l'Est, il sera vu dans le pays se trouvant à l'ouest de celui-ci, sauf si les deux sont proches dans le degré de la latitude et qu’ils différent d'un ou deux degrés, parce que la distance de montée à l'horizon (altitude) est liée à l'observation du croissant, (altitude) qui est différent d'un pays à l'autre et l'âge du croissant depuis sa naissance jusqu'au coucher du soleil ne suffit pas.

La différence d'opinion sur les preuves du mois lunaire est inéluctable parce que les juristes (fouqaha) ont différents éléments de preuve au sujet du début du mois lunaire, et chaque personne doit adopter l'opinion du savant (Marja’) qu'il suit dans l'exécution de ses actes religieux, comme dans d'autres affaires religieuses où les juristes ont des opinions différentes.

Les vrais croyants doivent accepter la différence d'opinion et cette question ne doit pas être une source de conflits et de mécontentement parmi les musulmans, et si la nécessité sociale ou toute autre raison oblige un individu à rompre le jeûne en ce jour-là, il pourrait parcourir la distance juridique requise selon l’avis de son Marjà’, pour rompre le jeûne pour célébrer l'Aïd avec sa communauté et de compenser ce jour-là plus tard. Que nos Oulémas essaient de tenter de leur mieux pour faire que les musulmans célèbrent l'Aïd en une seule journée si la preuve juridique leur permettre de le faire, afin de se soulager devant Allah, le Glorifié, le Très-Haut.

Nous espérons le succès pour les vrais croyants et qu’Allah accepte leurs jeûnes et rendre le jour de l'Aïd on jour de joie et bonheur.

La paix, la miséricorde et les bienfaits d'Allah soient sur vous

Fondation Imam Ali (que la paix soit sur lui)-Londres
27 Ramadan 1433


*Par exemple, certains juristes permettent l'immersion du corps entier dans les eaux (Irtimas) au mois de Ramadan et ne pensent pas que cela provoque la rupture du jeûne contrairement à d'autres juristes qui pensent qu'il provoque la rupture de jeûne, et certains juristes pensent que porter des objets en or (jaune ou blanc) n'est pas autorisé pour les hommes, tandis que d'autres le permettent. Ce désaccord dans l'opinion des juristes au sujet de certaines questions est normal. Il est intéressant de noter que Sayyid As-Sistani a des opinions différentes que son professeur au sujet d'un certain nombre de questions.